20 %. C’est l’augmentation des hospitalisations pour problèmes respiratoires chez les plus de 65 ans lors des pics de pollution atmosphérique, en France. Les particules fines et certains polluants invisibles, qui circulent à l’intérieur des établissements de soins, frappent de plein fouet une population déjà sur la corde raide. Chez les seniors, chaque bouffée d’air peut devenir un risque supplémentaire, une menace silencieuse pour leur santé, parfois même entre les murs censés les protéger.Des études récentes révèlent que l’air intérieur, même faiblement pollué, accélère la progression des maladies chroniques chez les personnes âgées. Malgré les alertes sanitaires, les protocoles de prévention peinent à s’imposer dans les maisons de retraite et EHPAD. Les recommandations existent, mais leur mise en œuvre reste trop souvent théorique.
Pourquoi la qualité de l’air affecte-t-elle davantage la santé des personnes âgées ?
Respirer n’est jamais un acte anodin pour les personnes âgées. Leur système immunitaire s’affaiblit, leur capacité respiratoire baisse, et les défenses naturelles perdent du terrain face aux substances nocives qui se glissent dans l’air des chambres et des couloirs. Les polluants intérieurs, eux, n’ont aucun mal à franchir ces fragiles remparts, s’infiltrant jusque dans les alvéoles. Une exposition régulière à ces particules altère peu à peu le fonctionnement du cœur, des poumons et du cerveau.
Les seniors passent la majeure partie de leurs journées à l’intérieur, près de 90 % de leur temps, selon les chiffres. Selon l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), l’air que l’on respire à l’intérieur concentre parfois davantage de polluants qu’à l’extérieur. Les responsables ? Les produits ménagers, les matériaux de construction, mais aussi des systèmes de ventilation mal entretenus ou défaillants. Même à faibles doses, ces substances, sur la durée, augmentent le risque de maladies respiratoires ou cardiovasculaires et aggravent l’état de santé général.
La vulnérabilité des personnes âgées ne laisse aucune place à l’approximation : inhaler des particules fines, des composés organiques volatils ou des spores de moisissures suffit à déclencher ou accélérer des troubles. Les effets à long terme se paient en perte d’autonomie, en hospitalisations à répétition, parfois en vies raccourcies. Les études françaises tirent la sonnette d’alarme : l’impact de la pollution de l’air sur la santé des seniors dépasse largement le stade du simple désagrément.
Pour mieux saisir l’ampleur du phénomène, voici ce qui fragilise particulièrement les aînés face à la pollution intérieure :
- Un système immunitaire moins réactif
- Une fonction respiratoire réduite
- Un temps d’exposition élevé, à cause de la vie essentiellement en intérieur
Les risques invisibles : maladies et complications aggravées par la pollution de l’air chez les seniors
Respirer un air contaminé, même à l’abri des murs, expose les personnes âgées à toute une série d’atteintes à la santé, souvent silencieuses. Particules fines, dioxyde d’azote, ozone : ces polluants infiltrent l’organisme et déclenchent des réactions en chaîne. Les voies respiratoires, déjà fragiles, peinent à jouer leur rôle de filtre et laissent passer ces menaces minuscules.
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) s’aggrave sous l’effet de l’air pollué. Mais les maladies cardiovasculaires aussi voient leur fréquence grimper : infarctus, accidents vasculaires cérébraux, insuffisance cardiaque. À chaque crise, l’exposition prolongée à une mauvaise qualité de l’air agit en coulisse, attisant l’inflammation et le stress oxydatif.
Voici les conséquences les plus préoccupantes mises en lumière par la recherche :
- Une hausse du risque de décès chez les seniors exposés aux polluants intérieurs
- Des maladies respiratoires chroniques qui s’aggravent
- Des complications cardiaques et des AVC déclenchés ou amplifiés
Le cancer du poumon n’est pas en reste. Les personnes souffrant de maladies chroniques voient leur état empirer face à ces expositions répétées, même à faible dose. Le nombre de décès prématurés liés à la pollution intérieure ne cesse de croître. Les dangers restent invisibles au quotidien, mais leur impact se mesure bien concrètement dans les couloirs d’hôpitaux et les statistiques de santé publique.
Maisons de retraite et EHPAD : quelles sont les principales sources de pollution de l’air intérieur ?
Ce que respirent les résidents en maisons de retraite et EHPAD ne dépend pas seulement de la qualité de l’air extérieur. À l’intérieur, les polluants s’accumulent, avec des conséquences durables. Ventilation insuffisante, bâtiments récents trop hermétiques : tout concourt à la stagnation des substances indésirables.
Les principales sources de pollution dans ces établissements méritent toute notre attention :
- Composés organiques volatils (COV), formaldéhyde, benzène : ils proviennent des matériaux de construction, du mobilier et des produits d’entretien utilisés au quotidien
- Particules fines (PM2.5), dioxyde d’azote (NO2) : générées par les systèmes de chauffage vieillissants ou les appareils de cuisson
- Un renouvellement d’air trop faible, qui amplifie la concentration de ces polluants
Le nettoyage régulier, indispensable pour limiter les infections, augmente parfois la charge chimique de l’air. Les systèmes de chauffage vétustes, l’activité des cuisines collectives, ou encore les fumées issues de petits travaux d’entretien, ajoutent leur part de particules et de gaz nocifs. Dans certains établissements, les relevés montrent même des taux de pollution intérieure supérieurs à ceux de l’extérieur.
Pour les personnes âgées, déjà fragiles, cette accumulation invisible transforme le quotidien en un défi sanitaire permanent. À chaque respiration, l’air intérieur rappelle combien la vigilance doit rester de mise, jusque dans les lieux censés offrir sécurité et réconfort. La question n’est plus de savoir si la qualité de l’air intérieur mérite notre attention, mais jusqu’où nous accepterons qu’elle façonne la vie, et parfois la fin, de nos aînés.

